Badiucao 巴丢草, dessinateur chinois exilé en Australie

J’ai rencontré Badiucao sur Twitter il y a une petite semaine. Cet artiste né en 1980 à Shanghai s’est exilé en Australie il y a trois ans, pour pouvoir exercer librement son talent de dessinateur. Il faut dire que ses cartoons ne sont pas du tout du goût des autorités chinoises, à l’image de celui-ci, intitulé Qui sont les terroristes ? Whoareterrorists
©Badiucao
Badiucao a réalisé ce dessin juste après l’incident survenu fin octobre près de la place Tiananmen, qui fit 5 morts et 40 blessés. Des photographies mises en ligne – et très vite effacées par les services de la censure – ont montré un véhicule en feu surmonté d’une épaisse colonne de fumée, devant le célèbre portrait de Mao à l’entrée de la Cité interdite, qui donne sur le côté nord de Tiananmen. La police a avancé la piste d’un attentat terroriste…
Voici l’un des morceaux qu’il aime écouter en boucle pendant qu’il dessine.
Rootless tree – arbre sans racine – de l’auteur compositeur interprète irlandais Damien Rice.
 
Petit-fils d’un cinéaste envoyé en camp de rééducation pour « crime culturel » – il y mourut de faim et de maladie – Badiucao est un grand admirateur d’Ai Weiwei – « une bougie dans l’obscurité » – défenseur actif et persécuté de la liberté d’expression dans son pays. Contrairement à Ai Weiwei, il a, lui, choisi de quitter le pays natal pour mettre sa famille à l’abri et pour poursuivre son travail artistique.
Chaimanishungry
©Badiucao
Le président Meow est affamé, c’est le titre de ce dessin, allusion à la censure récurrente exercée sur l’internet par les autorités chinoises, avec à leur tête depuis mars le président Xi Jinping.
Badiucao vient juste de publier son travail sur le China Digital Times, un site collaboratif d’information lancé en 2003 par Xiao Qiang, professeur à la University of California de Berkeley.
Aujourd’hui, il se force à ne pas parler de son activité à sa famille pour lui éviter de redouter d’éventuelles poursuites, même hors de Chine, ce pays natal où il s’est promis de ne pas retourner tant que la liberté n’y règnera pas pour de vrai.

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